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Veux-tuvraimentvivredansunmondesolarpunk ?

Le jour se lève sur le futur que la transition écologique te fait miroiter. Passe une journée entière dedans : la vitrine, le punk, le réel, les ombres. Au soir, tu répondras.

le jour se lève

7 h · le matin

Un mot inventé contre la fin du monde

Ferme les yeux et imagine « le futur ». Il pleut, probablement. Néons, ruines, drones de surveillance. Nos imaginaires collectifs savent très bien détruire le monde et très mal le réparer. Le solarpunk est né exactement de ce manque.

Le mot a une date de naissance. Le 27 mai 2008, un blog anonyme nommé Republic of the Bees publie « From Steampunk to Solarpunk »1. Quelques semaines plus tôt, un cargo allemand, le Beluga SkySails, achevait son voyage inaugural tracté par une voile-cerf-volant géante. Le billet en retient 20 % de carburant économisé ; les bilans publiés diront plutôt 10 à 15 %. La légende naît avec son arrondi, et l'auteur y voit le germe d'un genre entier : la science-fiction d'« une société technologiquement sophistiquée qui se restreint à quatre énergies renouvelables : muscle, soleil, vent, eau ». Avec une différence décisive face aux autres futurs de papier : celui-là reste atteignable.

Le mot dort six ans, puis prend feu à l'été 2014 sur Tumblr. L'artiste Olivia Louise publie un post de concept art devenu légendaire2 : « Couleurs naturelles ! Art nouveau ! Objets faits main ! Tramways ! Dirigeables ! Vitraux-panneaux solaires !!! ». Le futur cesse d'être blanc, lisse et chromé : il devient végétal, artisanal, habité. Trois semaines plus tard, Adam Flynn publie le texte fondateur, « Solarpunk: Notes toward a manifesto »3 : un futurisme de « l'ingéniosité, la générativité, l'indépendance et la communauté », où « l'infrastructure est une forme de résistance ».

Interrogé par Grist en 2015, Flynn résume l'urgence en une phrase restée la devise du mouvement4 :

« We're solarpunks because the only other options are denial or despair. »

Nous sommes solarpunks parce que les seules autres options sont le déni ou le désespoir. · Adam Flynn, 2015

Voilà ce à quoi le solarpunk répond : la saturation dystopique de nos récits, le nihilisme du cyberpunk, la nostalgie charbonnière du steampunk, et l'éco-anxiété d'une génération à qui on a montré mille fins du monde et zéro lendemain habitable.

27 mai 2008
« From Steampunk to Solarpunk » paraît sur le blog Republic of the Bees. Le mot existe.
2012
Le Brésil prend tout le monde de vitesse : Gerson Lodi-Ribeiro dirige chez Editora Draco la première anthologie solarpunk au monde, cinq ans avant les anglophones.5
Août 2014
Le post Tumblr d'Olivia Louise donne au genre son identité visuelle : Art nouveau, vitraux photovoltaïques, artisanat.
4 sept. 2014
Adam Flynn publie « Solarpunk: Notes toward a manifesto » sur Project Hieroglyph (Arizona State University).
19 nov. 2014
Ursula K. Le Guin, aux National Book Awards : « Nous vivons dans le capitalisme. Son pouvoir semble inéluctable. Mais il en allait de même du droit divin des rois. » Le discours devient un talisman du mouvement.6
2015 à 2018
L'édition suit : Wings of Renewal (2015), Sunvault (2017), Glass and Gardens (2018).
2019
« A Solarpunk Manifesto » paraît sur re-des.org, traduit en français : le punk y signifie « rébellion, contre-culture, post-capitalisme, décolonialisme et enthousiasme ».7
2022
Solarpunk Magazine lance son premier numéro. Le genre a ses revues, ses prix, ses communautés.
Creuser : les racines, de 1890 à 1975

Le solarpunk a des arrière-grands-parents. William Morris, designer textile et militant socialiste, décrit dès 1890 dans News from Nowhere une Angleterre future où la Tamise coule propre, où l'argent a disparu et où le travail est devenu plaisir8. Son mouvement Arts & Crafts, puis l'Art nouveau qui en découle, fourniront l'essentiel de la grammaire visuelle solarpunk : lignes végétales, artisanat contre production de masse, beauté du quotidien.

Les années 1970 posent le socle politique. The Dispossessed d'Ursula K. Le Guin (1974) construit une société anarchiste fonctionnelle et imparfaite, nourrie de Kropotkine et de Murray Bookchin. Ecotopia d'Ernest Callenbach (1975) imagine la sécession écologique de la côte Ouest américaine : renouvelables décentralisés, vélos, démocratie locale. Et Small is Beautiful d'E.F. Schumacher (1973) théorise la « technologie appropriée », à l'échelle des communautés : le manifeste de 2019 la cite nommément parmi ses influences.

Murray Bookchin mérite une mention spéciale : son écologie sociale (la domination de la nature découle de la domination des humains entre eux) et son municipalisme libertaire irriguent tout le versant politique du mouvement. Le collectif Solarpunk Anarchist écrivait en 2016 que l'écologie sociale et le solarpunk pourraient être « la même tradition sous deux noms »9.

Sources de ce chapitre
  1. « From Steampunk to Solarpunk », Republic of the Bees, 27 mai 2008
  2. Post Tumblr original d'Olivia Louise, août 2014
  3. Adam Flynn, « Solarpunk: Notes toward a manifesto », Project Hieroglyph (ASU), 4 septembre 2014
  4. « This sci-fi enthusiast wants to make solarpunk happen », Grist, 10 novembre 2015
  5. Solarpunk: Histórias ecológicas e fantásticas em um mundo sustentável, Editora Draco, 2012
  6. Ursula K. Le Guin, discours de la National Book Foundation Medal, 19 novembre 2014
  7. « A Solarpunk Manifesto », The Solarpunk Community, re-des.org, 2019 (existe en français)
  8. William Morris, News from Nowhere, 1890 (texte intégral)
  9. « Social Ecology: A Quick Introduction », Solarpunk Anarchist, 2016

12 h · plein soleil

Le plus beau monde que la pub ait jamais peint

Le 1er mars 2021, l'image la plus célèbre de l'histoire du solarpunk est mise en ligne. Elle s'appelle « Dear Alice ». C'est une publicité pour du yaourt.

Une grand-mère écrit à sa petite-fille depuis un futur agricole radieux : fermes verdoyantes sous panneaux solaires, dirigeables-éoliennes, robots de récolte dociles, grande tablée face à une cité-jardin. L'animation est signée The Line, studio londonien nommé aux BAFTA, sous la direction de Bjørn-Erik Aschim1. La musique est de Joe Hisaishi, le compositeur attitré de Hayao Miyazaki : le studio le crédite, et le fansite japonais de référence sur son travail détaille jusqu'au studio d'enregistrement2. Le commanditaire : Chobani, géant américain du yaourt grec, pour sa campagne « Eat Today, Feed Tomorrow »3. Fin 2021, la vidéo devient virale et la communauté solarpunk l'adopte massivement, au point d'en faire son image de référence.

Prends une seconde pour mesurer le paradoxe : le mouvement né contre le capitalisme extractiviste a pour icône mondiale un spot publicitaire d'une multinationale laitière qui vend des pots en plastique à usage unique.

Vallée utopique presque trop parfaite à midi : village immaculé aux toits de vitraux photovoltaïques, monorail au-dessus de prairies fleuries
Midi, quelque part dans le futur qu'on te vend. Regarde bien : tout est impeccable.

La communauté a répondu par un geste devenu culte. En octobre 2021, le vidéaste Waffle To The Left publie la « Decommodified Edition » : chaque logo Chobani effacé image par image, le sound design recréé, le produit disparu4. Le mouvement a piraté sa propre icône pour se la réapproprier. L'édit circule encore aujourd'hui comme l'objet solarpunk de référence, ce qui redouble l'ironie. Les deux versions, l'originale et la piratée, t'attendent côte à côte dans la vidéothèque, à la tombée de la nuit.

Le débat a traversé la presse. Dans Vice, Adam Flynn alerte sur le « fake solarpunk urbanism » des condos de luxe végétalisés, pendant que l'écrivain Andrew Dana Hudson suspend son jugement5 :

« It could be co-optation. It could also be the trickle down from the margins into the mainstream. »

Ça peut être de la récupération. Ça peut aussi être la marge qui ruisselle vers le grand public. · Andrew Dana Hudson, Vice, 2021

Une newsletter a eu la formule la plus juste sur ce que « Dear Alice » montre vraiment : « Ceci est moins le futur que le présent, dans un style visuel flatteur »6. Des fermes, du soleil, des repas partagés : tout existe déjà. La question que la pub évite soigneusement, c'est qui possède la ferme. Garde-la en tête : l'après-midi commence, et il va falloir choisir entre deux mondes qui se ressemblent beaucoup.

Sources de ce chapitre
  1. « Dear Alice | Chobani », page officielle du projet, The Line Studio (crédits complets)
  2. Hibiki Hajime, fansite de référence consacré à Joe Hisaishi : détails d'enregistrement de « Dear Alice » (Victor Studio)
  3. FoodNavigator-USA, lancement de la campagne Chobani, 1er mars 2021
  4. « 'Dear Alice' Decommodified Edition », Waffle To The Left, octobre 2021
  5. « Solarpunk Is Not About Pretty Aesthetics. It's About the End of Capitalism », Vice, 2 septembre 2021
  6. « Chobani Just Released A Solarpunk Ad », Not The Solution (F.T.), 2022

15 h · l'après-midi

Il existe deux solarpunks. Tire la lumière.

La même rue, le même soleil, deux mondes. À gauche, l'éco-quartier qui a tout compris à ton désir de verdure. À droite, le quartier qui s'est construit lui-même. Attrape la poignée et regarde ce qui change.

Rue d'un éco-quartier corporate : tours de verre aux jardins verticaux impeccables, écrans publicitaires à logos verts, perfection stérile
Rue d'un quartier solarpunk DIY : panneaux solaires de récupération sur toits anciens, bacs potagers sur le trottoir, fresques peintes, atelier de réparation ouvert

La vitrine

Le premier solarpunk garde l'image et jette le programme. Tours de verre drapées de jardins verticaux, éco-quartiers certifiés, « smart cities » décarbonées : la verdure y est un argument de vente et la propriété reste exactement où elle était. Adam Flynn appelle ça le « fake solarpunk urbanism »1. Le vidéaste Andrewism tranche : « Plaquer des fleurs et des arbres sur des immeubles de béton, ça a l'apparence de la durabilité. C'est du greenwashing »2. Dans cette version, le panneau solaire appartient à l'opérateur, les données de ta maison aussi, et le futur se loue au mois.

Le punk

Le second se reconnaît à un détail : il commence par l'infrastructure. Flynn citait Chokwe Lumumba, maire radical de Jackson : « S'occuper de l'infrastructure protège contre le vol de son autodétermination »3. Panneaux d'occasion sur les toits contre monopoles électriques, ateliers de réparation, communs gérés selon les principes d'Elinor Ostrom, communes fédérées à la Bookchin. Le manifeste de 2019 le formule sans détour : le punk du solarpunk relève de « rébellion, contre-culture, post-capitalisme, décolonialisme et enthousiasme »4. Et il s'assume autocritique : ce monde se voit comme une transition, jamais comme une fin.

18 h · la lumière dorée

Pendant que tu lisais, des gens le construisaient

Le solarpunk se présente comme un imaginaire. Le terrain raconte autre chose : des dizaines de structures vérifiables incarnent déjà ce monde, à des échelles modestes et bien réelles. La lumière baisse, c'est l'heure de l'inventaire.

Chaque carte ci-dessous est une adresse existante, avec un chiffre vérifié et sa source. Aucune n'est une utopie : ce sont des coopératives qui facturent, des ateliers qui ouvrent le mardi, des jardins qui nourrissent. Leur échelle reste petite face au système qu'elles contestent. Leur existence, elle, est indiscutable.

Atelier coopératif de réparation à la golden hour : vélos, panneau solaire en cours de recâblage, étagères de pièces récupérées
Un atelier de réparation, quelque part aujourd'hui. Le solarpunk a déjà des adresses.
67 000
sociétaires chez Enercoop

Coopérative française d'électricité 100 % renouvelable née en 2005, fondée notamment par Greenpeace et La Nef. 13 coopératives locales, plus de 570 producteurs.

enercoop.fr

2 500
communautés énergétiques en Europe

La fédération REScoop.eu regroupe 2 millions de citoyens qui possèdent ensemble leurs moyens de production. L'énergie comme commun, déjà en réseau.

rescoop.eu

4 millions
de toits solaires au Bangladesh

SOLshare les interconnecte en micro-réseaux pair-à-pair : chaque foyer achète et vend son surplus au voisin. Prix Momentum for Change de l'ONU Climat.

unfccc.int

996
low-techs documentées dans 102 pays

Le Low-tech Lab de Concarneau publie ses tutoriels en open source depuis 2014. Son catamaran Nomade des Mers a testé 53 low-techs autour du monde entre 2016 et 2022.

lowtechlab.org

130
plans de machines agricoles libres

Diffusés en Creative Commons par L'Atelier Paysan depuis 2009. La coopérative a été liquidée en avril 2026 ; deux associations reprennent le flambeau. Le commun survit à la structure.

latelierpaysan.org

2 500
Repair Cafés dans le monde

Le premier a ouvert à Amsterdam le 18 octobre 2009, lancé par Martine Postma. Réparer ensemble plutôt que jeter seul, devenu un réseau mondial.

repaircafe.org

× 12
la production maraîchère de La Havane

Passée d'environ 20 700 tonnes en 1997 à plus de 250 000 tonnes en 2003 grâce aux organopónicos, ces jardins urbains nés de l'effondrement soviétique. La pénurie a inventé l'abondance.

organopónicos

1 200 ha
conquis par Marinaleda

Village andalou d'environ 2 600 habitants : dix ans de luttes à partir de 1984 pour obtenir la terre, aujourd'hui cultivée en coopérative. Un monde politique désirable, avec un code postal.

Marinaleda

On pourrait continuer longtemps : le Global Ecovillage Network né en 1991, Findhorn en Écosse depuis 1962, les 2 000 bibliothèques d'objets héritières de la tool library de Berkeley (1979), les terres de Notre-Dame-des-Landes devenues laboratoire agricole après l'abandon de l'aéroport en 2018. Le solarpunk ressemble moins à une prophétie qu'à une cartographie : ces lieux existaient avant le mot, le mot leur a donné une constellation.

Sources de ce chapitre
  1. Chaque carte porte son lien direct. Compléments :
  2. SOLshare, site officiel
  3. Expédition Nomade des Mers, Low-tech Lab
  4. Kerterre, Evelyne Adam (Plomeur)
  5. Global Ecovillage Network
  6. ZAD de Notre-Dame-des-Landes

21 h · le crépuscule

Maintenant, regarde les ombres en face

Tu veux vraiment y vivre ? Alors prends la promesse au sérieux, et regarde ce qu'elle coûte. Voici les cinq ombres, documentées, avec leurs chiffres. Ouvre celles que tu as le courage d'ouvrir.

La matière : un panneau solaire sort d'une minelourde

L'Agence internationale de l'énergie calcule qu'un scénario aligné sur l'Accord de Paris multiplie la demande de lithium par plus de 40 d'ici 2040, et celle du cobalt, du nickel et du graphite par 20 à 251. La Chine raffine environ 90 % des terres rares mondiales. Au salar d'Atacama, les industriels pompent plus de 63 milliards de litres de saumure par an ; le sol s'affaisse et 18 communautés atacamènes ont porté plainte en octobre 20242. En RDC, Amnesty documentait dès 2016 environ 40 000 enfants dans les mines du sud du pays3. Et l'IRENA projette 78 millions de tonnes de panneaux en fin de vie d'ici 2050, pour une filière de recyclage embryonnaire4. Le toit fleuri de la vitrine a une cave, et la cave est à ciel ouvert, ailleurs, chez d'autres.

L'intermittence : vivre au rythme du cielstructurelle

L'étude Futurs énergétiques 2050 de RTE conclut qu'un mix électrique 100 % renouvelable suppose des « paris technologiques lourds » : stockage massif, flexibilité de la demande, gaz décarboné5. L'autre voie est assumée par Kris De Decker, dont le Low-tech Magazine tourne sur un panneau de balcon à Barcelone : le site tombe hors ligne quand le ciel se couvre plusieurs jours6. Accepter que la machine s'arrête quand le soleil part, c'est un choix de civilisation. Il mérite d'être nommé, parce que c'est peut-être toi qui le vivras.

Le soleil des autres : l'extractivisme repeint en vertpolitique

Le solaire industriel peut reproduire exactement ce qu'il prétend remplacer. Le chercheur Hamza Hamouchene décrit la centrale Noor de Ouarzazate, vitrine solaire du Maroc : 3 000 hectares de terres communales de communautés agro-pastorales amazighes, et 2 à 3 millions de litres d'eau par jour prélevés en zone semi-aride pour refroidir les miroirs7. La critique décoloniale ajoute une question dérangeante : une bonne partie des pratiques que le solarpunk occidental redécouvre (agriculture vivrière, réparation, communs) existaient déjà dans le Sud global, avant que le mot soit cool. Qui sera invité dans le monde solarpunk, et au prix de quelles terres ?

Le moodboard : une esthétique qui dispense d'agirinterne

La critique vient du mouvement lui-même. Dès 2015, Andrew Dana Hudson avertissait : « Quoi que soit le solarpunk, il est profondément politique », et il restera un genre décoratif tant qu'il esquivera cette dimension8. Scroller des serres Art nouveau sur Pinterest procure le sentiment du futur sans son labeur. Des travaux académiques récents reprochent au genre sa technophilie résiduelle et sa difficulté à représenter le conflit9. Un monde sans conflit représenté est un monde dont on a caché les perdants.

Le temps que ça coûte : compost, assemblées, réparationquotidienne

L'historienne Ruth Schwartz Cowan a établi que les ménagères américaines d'avant les machines effectuaient 50 à 60 heures hebdomadaires de travail domestique10. Un quotidien low-tech rend une partie de ces heures : cuisiner, réparer, composter, s'occuper des bêtes et des assemblées. Côté gouvernance, Diana Leafe Christian estime qu'environ 90 % des projets de communautés intentionnelles échouent11, et Jo Freeman a montré dès 1972 que les collectifs « sans structure » sécrètent des hiérarchies informelles, juste moins avouables12. La démocratie directe est une compétence qui s'apprend, en heures de réunion. Beaucoup d'heures de réunion.

Voilà les ombres. Remarque une chose : chacune a déjà ses contre-feux à l'intérieur du mouvement (recyclage en filière, sobriété revendiquée, communs gouvernés selon des règles explicites). Le solarpunk version punk se définit précisément comme le courant qui regarde ces ombres en face. La version vitrine préfère regarder ailleurs.

Sources de ce chapitre
  1. AIE, « The Role of Critical Minerals in Clean Energy Transitions », 2021
  2. Mongabay, « As lithium mining bleeds Atacama dry », décembre 2024
  3. Amnesty International, « This is what we die for », 2016
  4. IRENA et IEA-PVPS, « End-of-life management: Solar PV Panels », 2016
  5. RTE, « Futurs énergétiques 2050 »
  6. Kris De Decker, « How sustainable is PV solar power? », Low-tech Magazine, 2015
  7. Hamza Hamouchene, « The Ouarzazate Solar Plant in Morocco: Triumphal 'Green' Capitalism », Jadaliyya
  8. Andrew Dana Hudson, « On the Political Dimensions of Solarpunk », 14 octobre 2015
  9. Caleb O'Connor, « Solar Without the Punk », Texere Network, 2024
  10. Ruth Schwartz Cowan, « Less Work for Mother? », American Heritage, 1987
  11. Diana Leafe Christian, Creating a Life Together, 2003
  12. Jo Freeman, « The Tyranny of Structurelessness », 1972
Bibliothèque à ciel ouvert la nuit : étagères en bois autour d'un arbre vivant, lanternes solaires, coussins, un chat endormi sous la Voie lactée

minuit · la veillée

La nuit appartient à celles et ceux qui creusent

Tout ce que cette page t'a raconté vient de quelque part. Voici la veillée : les meilleures vidéos et les meilleurs livres sur le solarpunk, choisis un par un, rangés par envie. Prends ce qui te parle, le reste t'attendra.

La vidéothèque

Commencer ici

Trois vidéos pour comprendre de quoi on parle.

What is Solarpunk?

Andrewism · EN

La vidéo fondatrice du YouTube solarpunk : Andrew Sage (Trinité-et-Tobago) définit en 8 minutes le mouvement comme vision politique, écologique et anticapitaliste, au-delà du simple style visuel. Le point de départ idéal avant tout le reste.

What is SolarPunk?

Pezle · EN

Explication courte et accessible en moins de 4 minutes, parfaite comme toute première exposition au terme pour un visiteur pressé qui hésite encore à plonger.

Le Solarpunk : l'imaginaire qui repense le monde

Augustin Demain · FR

Présentation française complète du mouvement : origines, principes, œuvres clés. Une vraie porte d'entrée en français pour un public qui découvre le terme.

Imagining a SolarPunk Future | Keisha Howard | TEDxOgden

TEDx Talks · EN

Talk de 2018 qui oppose cyberpunk et solarpunk et plaide pour des récits de futur désirables. Utile pour situer le mouvement avant la vague YouTube de 2020-2021.

Voir le rêve

Le monde solarpunk en images, vitrine comprise.

Dear Alice

THE LINE · EN

La pub Chobani devenue le visuel le plus célèbre du solarpunk, mise en ligne ici par THE LINE, le studio qui l'a réalisée, sur une musique de Joe Hisaishi, compositeur de Ghibli. Pièce centrale de l'affaire Dear Alice.

In Defense of Disney's Strange Solarpunk World

Pop Culture Detective · EN

Analyse du film Disney Strange World comme rare blockbuster à imagerie solarpunk, et de ce que Hollywood comprend ou rate de cet imaginaire.

Scarab // Afrofuturism Solarpunk // Animated Short Film

bashmuttons · EN

Court-métrage d'animation indépendant afrofuturiste et solarpunk : un matriarcat solaire qui tente de sauver de jeunes garçons d'un culte mortifère. Preuve que l'esthétique se décline au-delà du pastoral européen.

Solarpunk : l'architecture bio-inspirée pour la ville de demain | Vincent Callebaut | TEDxBordeaux

TEDx Talks · FR

L'architecte Vincent Callebaut présente en français ses projets d'architecture bio-inspirée revendiqués solarpunk : tours végétalisées, villes productives. Le versant grand spectacle de l'esthétique, à regarder avec esprit critique.

Aller au fond

La théorie politique derrière les serres.

Why This Gives Me Hope for the Future (ft. @Andrewism)

Our Changing Climate · EN

Our Changing Climate explique pourquoi le solarpunk redonne de l'espoir face au discours climatique catastrophiste, avec Andrewism en invité. Bon pont entre vulgarisation climat et imaginaire solarpunk.

How To Build A Solarpunk City

Andrewism · EN

L'essai le plus ambitieux d'Andrewism : 41 minutes sur l'urbanisme solarpunk, le droit à la ville et la planification écologique et égalitaire, illustré par Sean Bodley. La référence pour creuser la théorie.

SolarPunk Cities: Our Last Hope?

DamiLee · EN

Une architecte examine ce que les villes solarpunk impliqueraient réellement en conception urbaine, entre exemples construits type Singapour et limites du verdissement de façade.

Douter

Les regards qui bousculent le mouvement.

'Dear Alice' Decommodified Edition | Solarpunk anime ambience with no ads

Waffle To The Left · EN

La réponse de la communauté à la récupération publicitaire : le film remonté, marque effacée, ambiance sonore recomposée, avec un argumentaire sur la décommodification du solarpunk. L'autre moitié de l'affaire Dear Alice.

Solarpunk Is Not Enough

Andrewism · EN

Autocritique venue de l'intérieur du mouvement : Andrewism prévient que l'esthétique et l'espoir doivent s'appuyer sur une analyse des systèmes de domination et une action réelle.

L'avenir sera-t-il SOLARPUNK ? #Bolchegeek

Journal l'Humanité · FR

Vidéo de Benjamin Patinaud (Bolchegeek) publiée sur la chaîne du journal l'Humanité : le solarpunk comme avenir de la SF, entre promesse d'utopie écolo et risque de greenwashing. Le regard critique et politique en français.

Faire

Celles et ceux qui le construisent déjà.

How We Can Build A Solarpunk Future Right Now (ft. @Andrewism)

Our Changing Climate · EN

Le versant concret du duo OCC et Andrewism : agriculture urbaine, énergie communautaire, solutions déjà disponibles aujourd'hui pour amorcer un futur solarpunk.

How We Can Make Solarpunk A Reality (ft. @OurChangingClimate)

Andrewism · EN

Andrewism détaille les pratiques qui rendent le solarpunk tangible : permaculture, communs, low-tech, biotechnologies au service des gens plutôt que des firmes. Le manuel d'action du mouvement.

La bibliothèque

À portée de main

Par où entrer dans le solarpunk.

Les racines

Écrits bien plus vieux que le mot.

Pour creuser

Théorie, low-tech, communs.

Pour douter

Les contrepoints sérieux.

6 h · une nouvelle aube

Alors. Veux-tu vraiment y vivre ?

Tu as vu la vitrine et son envers, le punk et ses chantiers, le réel et ses preuves, les ombres et leur poids. La question du titre redevient sérieuse. Le village compte les voix.