Coopérative française d'électricité 100 % renouvelable née en 2005, fondée notamment par Greenpeace et La Nef. 13 coopératives locales, plus de 570 producteurs.
Veux-tuvraimentvivredansunmondesolarpunk ?
Le jour se lève sur le futur que la transition écologique te fait miroiter. Passe une journée entière dedans : la vitrine, le punk, le réel, les ombres. Au soir, tu répondras.
7 h · le matin
Un mot inventé contre la fin du monde
Ferme les yeux et imagine « le futur ». Il pleut, probablement. Néons, ruines, drones de surveillance. Nos imaginaires collectifs savent très bien détruire le monde et très mal le réparer. Le solarpunk est né exactement de ce manque.
Le mot a une date de naissance. Le 27 mai 2008, un blog anonyme nommé Republic of the Bees publie « From Steampunk to Solarpunk »1. Quelques semaines plus tôt, un cargo allemand, le Beluga SkySails, achevait son voyage inaugural tracté par une voile-cerf-volant géante. Le billet en retient 20 % de carburant économisé ; les bilans publiés diront plutôt 10 à 15 %. La légende naît avec son arrondi, et l'auteur y voit le germe d'un genre entier : la science-fiction d'« une société technologiquement sophistiquée qui se restreint à quatre énergies renouvelables : muscle, soleil, vent, eau ». Avec une différence décisive face aux autres futurs de papier : celui-là reste atteignable.
Le mot dort six ans, puis prend feu à l'été 2014 sur Tumblr. L'artiste Olivia Louise publie un post de concept art devenu légendaire2 : « Couleurs naturelles ! Art nouveau ! Objets faits main ! Tramways ! Dirigeables ! Vitraux-panneaux solaires !!! ». Le futur cesse d'être blanc, lisse et chromé : il devient végétal, artisanal, habité. Trois semaines plus tard, Adam Flynn publie le texte fondateur, « Solarpunk: Notes toward a manifesto »3 : un futurisme de « l'ingéniosité, la générativité, l'indépendance et la communauté », où « l'infrastructure est une forme de résistance ».
Interrogé par Grist en 2015, Flynn résume l'urgence en une phrase restée la devise du mouvement4 :
« We're solarpunks because the only other options are denial or despair. »
Voilà ce à quoi le solarpunk répond : la saturation dystopique de nos récits, le nihilisme du cyberpunk, la nostalgie charbonnière du steampunk, et l'éco-anxiété d'une génération à qui on a montré mille fins du monde et zéro lendemain habitable.
›Creuser : les racines, de 1890 à 1975
Le solarpunk a des arrière-grands-parents. William Morris, designer textile et militant socialiste, décrit dès 1890 dans News from Nowhere une Angleterre future où la Tamise coule propre, où l'argent a disparu et où le travail est devenu plaisir8. Son mouvement Arts & Crafts, puis l'Art nouveau qui en découle, fourniront l'essentiel de la grammaire visuelle solarpunk : lignes végétales, artisanat contre production de masse, beauté du quotidien.
Les années 1970 posent le socle politique. The Dispossessed d'Ursula K. Le Guin (1974) construit une société anarchiste fonctionnelle et imparfaite, nourrie de Kropotkine et de Murray Bookchin. Ecotopia d'Ernest Callenbach (1975) imagine la sécession écologique de la côte Ouest américaine : renouvelables décentralisés, vélos, démocratie locale. Et Small is Beautiful d'E.F. Schumacher (1973) théorise la « technologie appropriée », à l'échelle des communautés : le manifeste de 2019 la cite nommément parmi ses influences.
Murray Bookchin mérite une mention spéciale : son écologie sociale (la domination de la nature découle de la domination des humains entre eux) et son municipalisme libertaire irriguent tout le versant politique du mouvement. Le collectif Solarpunk Anarchist écrivait en 2016 que l'écologie sociale et le solarpunk pourraient être « la même tradition sous deux noms »9.
Sources de ce chapitre
- « From Steampunk to Solarpunk », Republic of the Bees, 27 mai 2008
- Post Tumblr original d'Olivia Louise, août 2014
- Adam Flynn, « Solarpunk: Notes toward a manifesto », Project Hieroglyph (ASU), 4 septembre 2014
- « This sci-fi enthusiast wants to make solarpunk happen », Grist, 10 novembre 2015
- Solarpunk: Histórias ecológicas e fantásticas em um mundo sustentável, Editora Draco, 2012
- Ursula K. Le Guin, discours de la National Book Foundation Medal, 19 novembre 2014
- « A Solarpunk Manifesto », The Solarpunk Community, re-des.org, 2019 (existe en français)
- William Morris, News from Nowhere, 1890 (texte intégral)
- « Social Ecology: A Quick Introduction », Solarpunk Anarchist, 2016
12 h · plein soleil
Le plus beau monde que la pub ait jamais peint
Le 1er mars 2021, l'image la plus célèbre de l'histoire du solarpunk est mise en ligne. Elle s'appelle « Dear Alice ». C'est une publicité pour du yaourt.
Une grand-mère écrit à sa petite-fille depuis un futur agricole radieux : fermes verdoyantes sous panneaux solaires, dirigeables-éoliennes, robots de récolte dociles, grande tablée face à une cité-jardin. L'animation est signée The Line, studio londonien nommé aux BAFTA, sous la direction de Bjørn-Erik Aschim1. La musique est de Joe Hisaishi, le compositeur attitré de Hayao Miyazaki : le studio le crédite, et le fansite japonais de référence sur son travail détaille jusqu'au studio d'enregistrement2. Le commanditaire : Chobani, géant américain du yaourt grec, pour sa campagne « Eat Today, Feed Tomorrow »3. Fin 2021, la vidéo devient virale et la communauté solarpunk l'adopte massivement, au point d'en faire son image de référence.
Prends une seconde pour mesurer le paradoxe : le mouvement né contre le capitalisme extractiviste a pour icône mondiale un spot publicitaire d'une multinationale laitière qui vend des pots en plastique à usage unique.
La communauté a répondu par un geste devenu culte. En octobre 2021, le vidéaste Waffle To The Left publie la « Decommodified Edition » : chaque logo Chobani effacé image par image, le sound design recréé, le produit disparu4. Le mouvement a piraté sa propre icône pour se la réapproprier. L'édit circule encore aujourd'hui comme l'objet solarpunk de référence, ce qui redouble l'ironie. Les deux versions, l'originale et la piratée, t'attendent côte à côte dans la vidéothèque, à la tombée de la nuit.
Le débat a traversé la presse. Dans Vice, Adam Flynn alerte sur le « fake solarpunk urbanism » des condos de luxe végétalisés, pendant que l'écrivain Andrew Dana Hudson suspend son jugement5 :
« It could be co-optation. It could also be the trickle down from the margins into the mainstream. »
Une newsletter a eu la formule la plus juste sur ce que « Dear Alice » montre vraiment : « Ceci est moins le futur que le présent, dans un style visuel flatteur »6. Des fermes, du soleil, des repas partagés : tout existe déjà. La question que la pub évite soigneusement, c'est qui possède la ferme. Garde-la en tête : l'après-midi commence, et il va falloir choisir entre deux mondes qui se ressemblent beaucoup.
Sources de ce chapitre
- « Dear Alice | Chobani », page officielle du projet, The Line Studio (crédits complets)
- Hibiki Hajime, fansite de référence consacré à Joe Hisaishi : détails d'enregistrement de « Dear Alice » (Victor Studio)
- FoodNavigator-USA, lancement de la campagne Chobani, 1er mars 2021
- « 'Dear Alice' Decommodified Edition », Waffle To The Left, octobre 2021
- « Solarpunk Is Not About Pretty Aesthetics. It's About the End of Capitalism », Vice, 2 septembre 2021
- « Chobani Just Released A Solarpunk Ad », Not The Solution (F.T.), 2022
15 h · l'après-midi
Il existe deux solarpunks. Tire la lumière.
La même rue, le même soleil, deux mondes. À gauche, l'éco-quartier qui a tout compris à ton désir de verdure. À droite, le quartier qui s'est construit lui-même. Attrape la poignée et regarde ce qui change.
La vitrine
Le premier solarpunk garde l'image et jette le programme. Tours de verre drapées de jardins verticaux, éco-quartiers certifiés, « smart cities » décarbonées : la verdure y est un argument de vente et la propriété reste exactement où elle était. Adam Flynn appelle ça le « fake solarpunk urbanism »1. Le vidéaste Andrewism tranche : « Plaquer des fleurs et des arbres sur des immeubles de béton, ça a l'apparence de la durabilité. C'est du greenwashing »2. Dans cette version, le panneau solaire appartient à l'opérateur, les données de ta maison aussi, et le futur se loue au mois.
Le punk
Le second se reconnaît à un détail : il commence par l'infrastructure. Flynn citait Chokwe Lumumba, maire radical de Jackson : « S'occuper de l'infrastructure protège contre le vol de son autodétermination »3. Panneaux d'occasion sur les toits contre monopoles électriques, ateliers de réparation, communs gérés selon les principes d'Elinor Ostrom, communes fédérées à la Bookchin. Le manifeste de 2019 le formule sans détour : le punk du solarpunk relève de « rébellion, contre-culture, post-capitalisme, décolonialisme et enthousiasme »4. Et il s'assume autocritique : ce monde se voit comme une transition, jamais comme une fin.
Sources de ce chapitre
- Adam Flynn dans « Solarpunk Is Not About Pretty Aesthetics », Vice, 2021
- Saint Andrew (Andrewism), « What is Solarpunk? », 16 décembre 2020 (transcription)
- Adam Flynn, « Solarpunk: Notes toward a manifesto », 2014
- « A Solarpunk Manifesto », The Solarpunk Community, 2019
- Andrewism, « Commons, Libraries & Degrowth » (Ostrom, communs, décroissance)
- Andrew Dana Hudson, « On the Political Dimensions of Solarpunk », 2015
18 h · la lumière dorée
Pendant que tu lisais, des gens le construisaient
Le solarpunk se présente comme un imaginaire. Le terrain raconte autre chose : des dizaines de structures vérifiables incarnent déjà ce monde, à des échelles modestes et bien réelles. La lumière baisse, c'est l'heure de l'inventaire.
Chaque carte ci-dessous est une adresse existante, avec un chiffre vérifié et sa source. Aucune n'est une utopie : ce sont des coopératives qui facturent, des ateliers qui ouvrent le mardi, des jardins qui nourrissent. Leur échelle reste petite face au système qu'elles contestent. Leur existence, elle, est indiscutable.
La fédération REScoop.eu regroupe 2 millions de citoyens qui possèdent ensemble leurs moyens de production. L'énergie comme commun, déjà en réseau.
SOLshare les interconnecte en micro-réseaux pair-à-pair : chaque foyer achète et vend son surplus au voisin. Prix Momentum for Change de l'ONU Climat.
Le Low-tech Lab de Concarneau publie ses tutoriels en open source depuis 2014. Son catamaran Nomade des Mers a testé 53 low-techs autour du monde entre 2016 et 2022.
Diffusés en Creative Commons par L'Atelier Paysan depuis 2009. La coopérative a été liquidée en avril 2026 ; deux associations reprennent le flambeau. Le commun survit à la structure.
Le premier a ouvert à Amsterdam le 18 octobre 2009, lancé par Martine Postma. Réparer ensemble plutôt que jeter seul, devenu un réseau mondial.
Passée d'environ 20 700 tonnes en 1997 à plus de 250 000 tonnes en 2003 grâce aux organopónicos, ces jardins urbains nés de l'effondrement soviétique. La pénurie a inventé l'abondance.
Village andalou d'environ 2 600 habitants : dix ans de luttes à partir de 1984 pour obtenir la terre, aujourd'hui cultivée en coopérative. Un monde politique désirable, avec un code postal.
On pourrait continuer longtemps : le Global Ecovillage Network né en 1991, Findhorn en Écosse depuis 1962, les 2 000 bibliothèques d'objets héritières de la tool library de Berkeley (1979), les terres de Notre-Dame-des-Landes devenues laboratoire agricole après l'abandon de l'aéroport en 2018. Le solarpunk ressemble moins à une prophétie qu'à une cartographie : ces lieux existaient avant le mot, le mot leur a donné une constellation.
Sources de ce chapitre
- Chaque carte porte son lien direct. Compléments :
- SOLshare, site officiel
- Expédition Nomade des Mers, Low-tech Lab
- Kerterre, Evelyne Adam (Plomeur)
- Global Ecovillage Network
- ZAD de Notre-Dame-des-Landes
21 h · le crépuscule
Maintenant, regarde les ombres en face
Tu veux vraiment y vivre ? Alors prends la promesse au sérieux, et regarde ce qu'elle coûte. Voici les cinq ombres, documentées, avec leurs chiffres. Ouvre celles que tu as le courage d'ouvrir.
›La matière : un panneau solaire sort d'une minelourde
L'Agence internationale de l'énergie calcule qu'un scénario aligné sur l'Accord de Paris multiplie la demande de lithium par plus de 40 d'ici 2040, et celle du cobalt, du nickel et du graphite par 20 à 251. La Chine raffine environ 90 % des terres rares mondiales. Au salar d'Atacama, les industriels pompent plus de 63 milliards de litres de saumure par an ; le sol s'affaisse et 18 communautés atacamènes ont porté plainte en octobre 20242. En RDC, Amnesty documentait dès 2016 environ 40 000 enfants dans les mines du sud du pays3. Et l'IRENA projette 78 millions de tonnes de panneaux en fin de vie d'ici 2050, pour une filière de recyclage embryonnaire4. Le toit fleuri de la vitrine a une cave, et la cave est à ciel ouvert, ailleurs, chez d'autres.
›L'intermittence : vivre au rythme du cielstructurelle
L'étude Futurs énergétiques 2050 de RTE conclut qu'un mix électrique 100 % renouvelable suppose des « paris technologiques lourds » : stockage massif, flexibilité de la demande, gaz décarboné5. L'autre voie est assumée par Kris De Decker, dont le Low-tech Magazine tourne sur un panneau de balcon à Barcelone : le site tombe hors ligne quand le ciel se couvre plusieurs jours6. Accepter que la machine s'arrête quand le soleil part, c'est un choix de civilisation. Il mérite d'être nommé, parce que c'est peut-être toi qui le vivras.
›Le soleil des autres : l'extractivisme repeint en vertpolitique
Le solaire industriel peut reproduire exactement ce qu'il prétend remplacer. Le chercheur Hamza Hamouchene décrit la centrale Noor de Ouarzazate, vitrine solaire du Maroc : 3 000 hectares de terres communales de communautés agro-pastorales amazighes, et 2 à 3 millions de litres d'eau par jour prélevés en zone semi-aride pour refroidir les miroirs7. La critique décoloniale ajoute une question dérangeante : une bonne partie des pratiques que le solarpunk occidental redécouvre (agriculture vivrière, réparation, communs) existaient déjà dans le Sud global, avant que le mot soit cool. Qui sera invité dans le monde solarpunk, et au prix de quelles terres ?
›Le moodboard : une esthétique qui dispense d'agirinterne
La critique vient du mouvement lui-même. Dès 2015, Andrew Dana Hudson avertissait : « Quoi que soit le solarpunk, il est profondément politique », et il restera un genre décoratif tant qu'il esquivera cette dimension8. Scroller des serres Art nouveau sur Pinterest procure le sentiment du futur sans son labeur. Des travaux académiques récents reprochent au genre sa technophilie résiduelle et sa difficulté à représenter le conflit9. Un monde sans conflit représenté est un monde dont on a caché les perdants.
›Le temps que ça coûte : compost, assemblées, réparationquotidienne
L'historienne Ruth Schwartz Cowan a établi que les ménagères américaines d'avant les machines effectuaient 50 à 60 heures hebdomadaires de travail domestique10. Un quotidien low-tech rend une partie de ces heures : cuisiner, réparer, composter, s'occuper des bêtes et des assemblées. Côté gouvernance, Diana Leafe Christian estime qu'environ 90 % des projets de communautés intentionnelles échouent11, et Jo Freeman a montré dès 1972 que les collectifs « sans structure » sécrètent des hiérarchies informelles, juste moins avouables12. La démocratie directe est une compétence qui s'apprend, en heures de réunion. Beaucoup d'heures de réunion.
Voilà les ombres. Remarque une chose : chacune a déjà ses contre-feux à l'intérieur du mouvement (recyclage en filière, sobriété revendiquée, communs gouvernés selon des règles explicites). Le solarpunk version punk se définit précisément comme le courant qui regarde ces ombres en face. La version vitrine préfère regarder ailleurs.
Sources de ce chapitre
- AIE, « The Role of Critical Minerals in Clean Energy Transitions », 2021
- Mongabay, « As lithium mining bleeds Atacama dry », décembre 2024
- Amnesty International, « This is what we die for », 2016
- IRENA et IEA-PVPS, « End-of-life management: Solar PV Panels », 2016
- RTE, « Futurs énergétiques 2050 »
- Kris De Decker, « How sustainable is PV solar power? », Low-tech Magazine, 2015
- Hamza Hamouchene, « The Ouarzazate Solar Plant in Morocco: Triumphal 'Green' Capitalism », Jadaliyya
- Andrew Dana Hudson, « On the Political Dimensions of Solarpunk », 14 octobre 2015
- Caleb O'Connor, « Solar Without the Punk », Texere Network, 2024
- Ruth Schwartz Cowan, « Less Work for Mother? », American Heritage, 1987
- Diana Leafe Christian, Creating a Life Together, 2003
- Jo Freeman, « The Tyranny of Structurelessness », 1972
minuit · la veillée
La nuit appartient à celles et ceux qui creusent
Tout ce que cette page t'a raconté vient de quelque part. Voici la veillée : les meilleures vidéos et les meilleurs livres sur le solarpunk, choisis un par un, rangés par envie. Prends ce qui te parle, le reste t'attendra.
La vidéothèque
Commencer ici
Trois vidéos pour comprendre de quoi on parle.
What is Solarpunk?
Andrewism · EN
La vidéo fondatrice du YouTube solarpunk : Andrew Sage (Trinité-et-Tobago) définit en 8 minutes le mouvement comme vision politique, écologique et anticapitaliste, au-delà du simple style visuel. Le point de départ idéal avant tout le reste.
What is SolarPunk?
Pezle · EN
Explication courte et accessible en moins de 4 minutes, parfaite comme toute première exposition au terme pour un visiteur pressé qui hésite encore à plonger.
Le Solarpunk : l'imaginaire qui repense le monde
Augustin Demain · FR
Présentation française complète du mouvement : origines, principes, œuvres clés. Une vraie porte d'entrée en français pour un public qui découvre le terme.
Imagining a SolarPunk Future | Keisha Howard | TEDxOgden
TEDx Talks · EN
Talk de 2018 qui oppose cyberpunk et solarpunk et plaide pour des récits de futur désirables. Utile pour situer le mouvement avant la vague YouTube de 2020-2021.
Voir le rêve
Le monde solarpunk en images, vitrine comprise.
Dear Alice
THE LINE · EN
La pub Chobani devenue le visuel le plus célèbre du solarpunk, mise en ligne ici par THE LINE, le studio qui l'a réalisée, sur une musique de Joe Hisaishi, compositeur de Ghibli. Pièce centrale de l'affaire Dear Alice.
In Defense of Disney's Strange Solarpunk World
Pop Culture Detective · EN
Analyse du film Disney Strange World comme rare blockbuster à imagerie solarpunk, et de ce que Hollywood comprend ou rate de cet imaginaire.
Scarab // Afrofuturism Solarpunk // Animated Short Film
bashmuttons · EN
Court-métrage d'animation indépendant afrofuturiste et solarpunk : un matriarcat solaire qui tente de sauver de jeunes garçons d'un culte mortifère. Preuve que l'esthétique se décline au-delà du pastoral européen.
Solarpunk : l'architecture bio-inspirée pour la ville de demain | Vincent Callebaut | TEDxBordeaux
TEDx Talks · FR
L'architecte Vincent Callebaut présente en français ses projets d'architecture bio-inspirée revendiqués solarpunk : tours végétalisées, villes productives. Le versant grand spectacle de l'esthétique, à regarder avec esprit critique.
Aller au fond
La théorie politique derrière les serres.
Why This Gives Me Hope for the Future (ft. @Andrewism)
Our Changing Climate · EN
Our Changing Climate explique pourquoi le solarpunk redonne de l'espoir face au discours climatique catastrophiste, avec Andrewism en invité. Bon pont entre vulgarisation climat et imaginaire solarpunk.
How To Build A Solarpunk City
Andrewism · EN
L'essai le plus ambitieux d'Andrewism : 41 minutes sur l'urbanisme solarpunk, le droit à la ville et la planification écologique et égalitaire, illustré par Sean Bodley. La référence pour creuser la théorie.
SolarPunk Cities: Our Last Hope?
DamiLee · EN
Une architecte examine ce que les villes solarpunk impliqueraient réellement en conception urbaine, entre exemples construits type Singapour et limites du verdissement de façade.
Douter
Les regards qui bousculent le mouvement.
'Dear Alice' Decommodified Edition | Solarpunk anime ambience with no ads
Waffle To The Left · EN
La réponse de la communauté à la récupération publicitaire : le film remonté, marque effacée, ambiance sonore recomposée, avec un argumentaire sur la décommodification du solarpunk. L'autre moitié de l'affaire Dear Alice.
Solarpunk Is Not Enough
Andrewism · EN
Autocritique venue de l'intérieur du mouvement : Andrewism prévient que l'esthétique et l'espoir doivent s'appuyer sur une analyse des systèmes de domination et une action réelle.
L'avenir sera-t-il SOLARPUNK ? #Bolchegeek
Journal l'Humanité · FR
Vidéo de Benjamin Patinaud (Bolchegeek) publiée sur la chaîne du journal l'Humanité : le solarpunk comme avenir de la SF, entre promesse d'utopie écolo et risque de greenwashing. Le regard critique et politique en français.
Faire
Celles et ceux qui le construisent déjà.
How We Can Build A Solarpunk Future Right Now (ft. @Andrewism)
Our Changing Climate · EN
Le versant concret du duo OCC et Andrewism : agriculture urbaine, énergie communautaire, solutions déjà disponibles aujourd'hui pour amorcer un futur solarpunk.
How We Can Make Solarpunk A Reality (ft. @OurChangingClimate)
Andrewism · EN
Andrewism détaille les pratiques qui rendent le solarpunk tangible : permaculture, communs, low-tech, biotechnologies au service des gens plutôt que des firmes. Le manuel d'action du mouvement.
La bibliothèque
À portée de main
Par où entrer dans le solarpunk.
Un psaume pour les recyclés sauvages (A Psalm for the Wild-Built)
Sur la lune de Panga, Dex, moine de thé non binaire, rencontre un robot revenu de la wilderness pour poser une seule question : de quoi les gens ont-ils besoin ?
La porte d'entrée idéale : court, doux, lauréat du prix Hugo, il montre une civilisation post-croissance apaisée où technologie et nature cohabitent. C'est le livre solarpunk le plus accessible en français (trad. Marie Surgers, L'Atalante).
Voir l'ouvrage ↗Un Manifeste Solarpunk (A Solarpunk Manifesto)
Synthèse collective des idées du mouvement : un futur post-pénurie et post-hiérarchie où l'humanité se voit comme partie de la nature et où l'énergie propre remplace les fossiles.
Le manifeste de référence, disponible en français (trad. Matthieu C.) sur le site re-des.org : dix minutes de lecture pour comprendre ce que le solarpunk revendique, esthétiquement et politiquement.
Voir l'ouvrage ↗Terra Nil
City builder inversé inspiré du réensauvagement : on restaure un écosystème dévasté, on réintroduit faune et flore, puis on recycle ses propres bâtiments pour partir sans laisser de trace.
Le geste solarpunk rendu jouable en quelques heures : technologie au service du vivant, beauté du paysage restauré, effacement final de l'infrastructure. Parfait pour faire ressentir le genre à qui ne lit pas de SF.
Voir l'ouvrage ↗Les racines
Écrits bien plus vieux que le mot.
Écotopia
Un journaliste américain visite Écotopia, sécession écologiste de la Californie, de l'Oregon et de Washington : semaine de 20 heures, recyclage systématique, autogestion.
L'utopie écologique fondatrice, citée par tout le mouvement comme l'ancêtre direct du solarpunk. La retraduction de Brice Matthieussent chez Rue de l'échiquier (2018) a relancé sa lecture en France.
Voir l'ouvrage ↗Les Dépossédés (The Dispossessed)
Le physicien Shevek quitte Anarres, lune anarchiste et aride, pour la planète capitaliste Urras, et confronte les deux sociétés.
L'« utopie ambiguë » de Le Guin (prix Hugo, Nebula et Locus) est la matrice intellectuelle du solarpunk : comment vivre la frugalité, l'entraide et l'autogestion en gardant l'esprit critique sur sa propre utopie. Trad. Henry-Luc Planchat.
Voir l'ouvrage ↗Nouvelles de nulle part (News from Nowhere)
Un Londonien s'éveille en 2102 dans une Angleterre devenue communauté artisanale et verte, où le travail est redevenu plaisir et la ville un jardin.
L'arrière-grand-père du solarpunk : Morris, fondateur du mouvement Arts and Crafts, y fusionne déjà beauté, artisanat, écologie et socialisme. Texte du domaine public, lisible gratuitement en anglais sur le Projet Gutenberg ; traductions françaises chez Aubier (bilingue) et L'Altiplano.
Voir l'ouvrage ↗Small is Beautiful : une société à la mesure de l'homme
L'économiste britannique défend les unités de travail décentralisées et les « technologies intermédiaires » contre le gigantisme industriel.
La racine économique du solarpunk : l'idée que la bonne échelle technique est humaine et locale irrigue toute l'esthétique du genre, des panneaux solaires de quartier aux ateliers communautaires.
Voir l'ouvrage ↗Solarpunk: Notes toward a manifesto
Court texte publié sur Project Hieroglyph (Arizona State University) qui pose les bases du mouvement : « ingéniosité, générativité, indépendance et communauté », l'infrastructure comme forme de résistance.
Le texte fondateur qui a cristallisé le mot solarpunk en programme, en le distinguant du nihilisme cyberpunk et de la nostalgie steampunk. Trois pages à lire en ligne, point de départ de toute la suite.
Voir l'ouvrage ↗Solarpunk: Histórias ecológicas e fantásticas em um mundo sustentável
Neuf nouvelles brésiliennes et portugaises (voiles solaires, humains photosynthétiques, biocarburants) : la première anthologie au monde publiée sous le mot solarpunk, chez Editora Draco.
La preuve que le solarpunk est né au Sud global avant sa théorisation anglophone de 2014. Lisible en anglais sous le titre Solarpunk: Ecological and Fantastical Stories in a Sustainable World (trad. Fábio Fernandes).
Voir l'ouvrage ↗Nausicaä de la Vallée du Vent (manga, 7 tomes)
Mille ans après l'effondrement industriel des « sept jours de feu », la princesse Nausicaä cherche la coexistence avec la forêt toxique qui recouvre la Terre et s'avère être son purificateur.
Le chef-d'œuvre proto-solarpunk en bande dessinée : éoliennes, frugalité, refus du retour à la guerre industrielle, et une héroïne qui choisit de comprendre le vivant plutôt que de le combattre. Une influence visuelle majeure revendiquée par le mouvement.
Voir l'ouvrage ↗Pour creuser
Théorie, low-tech, communs.
Une prière pour les cimes timides (A Prayer for the Crown-Shy)
Suite directe du Psaume : Dex et le robot Omphale traversent les communautés humaines de Panga, chacune organisée selon ses propres choix techniques et sociaux.
Le tome 2 (prix Locus 2023) détaille concrètement l'économie du don, la diversité des modes de vie et la place choisie de la technologie : c'est le versant le plus « manuel de société » du diptyque Histoires de moine et de robot.
Voir l'ouvrage ↗Le Ministère du futur (The Ministry for the Future)
Après une canicule meurtrière en Inde, une agence onusienne chargée de défendre les générations futures invente, décennie après décennie, la sortie réelle de la crise climatique.
Le grand roman de la transition : géo-ingénierie, carbon coin, écologie politique, violence et diplomatie. Robinson décrit le chemin entre notre présent et un monde solarpunk, là où Chambers décrit l'arrivée. Grand Prix de l'Imaginaire 2024 du roman étranger (trad. Claude Mamier, Bragelonne).
Voir l'ouvrage ↗Sunvault: Stories of Solarpunk and Eco-Speculation
Première anthologie anglophone à rassembler largement nouvelles, poèmes et illustrations solarpunk (Upper Rubber Boot Books), avec Daniel José Older, Nisi Shawl, Lavie Tidhar, A.C. Wise.
Le manifeste en actes du solarpunk américain, présenté comme « une révolution contre le désespoir ». Pour voir la diversité des formes du genre : fiction, poésie, art.
Voir l'ouvrage ↗Glass and Gardens: Solarpunk Summers
Dix-sept nouvelles optimistes (World Weaver Press) sur des futurs fondés sur les renouvelables, d'une mine d'opale australienne à la réserve de graines du Svalbard.
L'anthologie qui a fixé le ton lumineux du genre et lancé une série (Solarpunk Winters, Solarpunk Sunscapes). Idéale pour piocher des formats courts et concrets : alimentation, météo, conflits interpersonnels en monde apaisé.
Voir l'ouvrage ↗Solarpunk Magazine
Revue numérique bimestrielle (Eugene, Oregon, slogan « Demand Utopia ») : fiction, poésie, essais et entretiens, financée par un Kickstarter de 27 306 $, avec Kim Stanley Robinson au sommaire du n°1.
Le pouls vivant du mouvement : c'est là qu'on lit ce que le solarpunk produit aujourd'hui, numéro après numéro, et les débats internes du genre.
Voir l'ouvrage ↗Bâtir aussi. Fragments d'un monde révolutionné
Fictions d'un présent alternatif où les printemps arabes de 2011 ont déclenché une révolution mondiale, la Haraka : quotidiens collectifs, techniques réappropriées, mondes en chantier.
Le solarpunk à la française avant la lettre, écrit par un collectif anticapitaliste et féministe, prolongé par 86 ateliers de « labo-fiction » entre 2018 et 2019 : la fiction comme outil d'organisation, exactement l'esprit punk du genre.
Voir l'ouvrage ↗Les Furtifs
En 2041, dans des villes privatisées sous surveillance totale, un père cherche sa fille disparue parmi les furtifs, créatures vivant dans les angles morts de la perception.
Le versant punk du solarpunk francophone : Damasio (Grand Prix de l'Imaginaire 2020) oppose à la technopolice des zones auto-gouvernées, du vivant indomptable et une joie politique combative. À lire en miroir de Chambers.
Voir l'ouvrage ↗Pour douter
Les contrepoints sérieux.
L'Âge des low tech. Vers une civilisation techniquement soutenable
L'ingénieur Bihouix démonte la promesse des technologies « vertes » (ressources rares, recyclage difficile, complexité) et plaide pour des basses technologies sobres et réparables.
Le contrepoint nécessaire à l'imagerie de tours solaires : un futur désirable se construit d'abord sur la sobriété matérielle. Beaucoup de solarpunks français citent ce livre comme garde-fou contre le techno-solutionnisme.
Voir l'ouvrage ↗Utopie radicale. Par-delà l'imaginaire des cabanes et des ruines
Docteure en philosophie politique, Carabédian défend l'utopie de science-fiction (Le Guin, Banks) comme outil pour élargir l'imaginaire politique au-delà de la survie et de l'effondrement.
L'outillage conceptuel en français pour penser ce que le solarpunk tente : une utopie exigeante et habitable, distincte du repli sur la cabane comme de la fascination pour les ruines. Prix de l'essai à L'Ouest Hurlant 2023.
Voir l'ouvrage ↗Hors des décombres du monde. Écologie, science-fiction et éthique du futur
Le politiste niçois analyse la science-fiction comme réservoir d'imaginaires et forme de connaissance pour affronter les défis écologiques (Champ Vallon, coll. L'environnement a une histoire).
Le travail universitaire francophone qui prend la SF écologique au sérieux, éthique du futur de Hans Jonas à l'appui ; Rumpala est l'un des premiers chercheurs français à avoir étudié le solarpunk.
Voir l'ouvrage ↗6 h · une nouvelle aube
Alors. Veux-tu vraiment y vivre ?
Tu as vu la vitrine et son envers, le punk et ses chantiers, le réel et ses preuves, les ombres et leur poids. La question du titre redevient sérieuse. Le village compte les voix.
Voté. Voici où en est le village :
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